Les gestes de premiers secours


L’étouffement

Lorsqu’une personne s’étouffe, cela peut être très impressionnant. Cela arrive souvent de manière brutale, lors d’un repas, ou lors des jeux avec les enfants. Il est important d’avoir les bons réflexes pour aider la personne. Connaissez-vous les bons gestes à faire en cas d’étouffement ? Nous répondons à vos questions.

Qu’est-ce qu’un étouffement ?

On parle d’étouffement quand un objet vient gêner la respiration de la personne. Il ne faut donc pas confondre l’étouffement avec d’autres situations où une personne peut manquer d’air ou avoir l’impression de manquer d’air (maladie, angoisse, réaction allergique…).

La cavité nasale et la bouche sont reliées à deux conduits : l’œsophage, qui conduit les aliments jusqu’à l’estomac, et le larynx, qui sert à acheminer l’air jusqu’aux poumons. Lorsqu’un objet (aliment, petit objet…) part dans le mauvais conduit et se loge dans le larynx, la respiration est gênée : c’est l’étouffement.

En fonction de la situation, on distingue deux types d’étouffements :

  1. La personne tousse, parle ou pleure : l’objet gêne les voies aériennes, mais que partiellement. L’air peut continuer à circuler entre l’extérieur et les poumons. La situation est tout sauf confortable… mais l’urgence est relative !
  2. La personne ne tousse pas, aucun bruit ne sort : l’objet gêne totalement les voies respiratoires, plus aucun air ne circule vers les poumons. C’est une situation d’extrême urgence. Il faut agir vite, car sans apport d’air, la personne va perdre connaissance en moins d’une minute. Inconsciente et sans respiration, elle sera en arrêt cardiaque.

Vous l’aurez compris, la différence entre ces deux types d’étouffement, c’est le bruit ! C’est un indicateur clé, car en fonction du type d’étouffement les gestes d’urgence à réaliser seront différents. Il est donc primordial de prendre quelques secondes pour bien identifier si la personne peut tousser ou non.

 

Que faut-il faire en cas d’étouffement chez l’adulte ?

En fonction du type d’étouffement, les gestes de secours à réaliser seront différents.

Si la personne tousse, la première chose à faire est de l’encourager à tousser. La toux est un mouvement réflexe du corps qui va faire sortir l’objet naturellement. Au bout de quelques secondes, l’objet ressortira naturellement sans intervention du sauveteur. Inutile de taper dans le dos : cela risque de déplacer l’objet dans une mauvaise position. Pas besoin non plus de donner “quelque chose pour faire passer” (eau, mie de pain, alcool…), car cela risquerait de gêner encore plus les voies respiratoires.

Si la toux persiste ou en cas de doute, vous pouvez demander un conseil médical à votre médecin ou aux services de secours.

Si la personne ne tousse pas, il faut agir rapidement ; l’air ne circule pas et le corps ne peut plus déclencher de réflexe de toux. Le sauveteur doit intervenir. Il est préférable d’apprendre ces techniques de désobstruction lors de formation aux premiers secours, afin de les pratiquer avec un formateur.

Commencez par donner jusqu’à 5 claques dans le dos, entre les omoplates. Il faut taper fort, afin de faire bouger l’objet qui coince. Entre chaque claque, écoutez bien ; la personne se met à tousser ? Bravo ! Vous avez réussi à débloquer l’objet. Si au bout de 5 claques l’objet n’est toujours pas ressorti, il faut changer de technique. Vous allez faire des compressions abdominales, aussi appelées méthode de Heimlich… d’après le docteur qui les a inventées !

Pour cela, placez-vous derrière la personne et passez vos bras sous les siens. Cherchez le nombril et placez votre poing fermé quelques centimètres au-dessus, le dos de la main vers le ciel. Posez votre deuxième main sur la première, et tirez franchement en diagonale, vers l’arrière et vers le haut. Vous allez faire jusqu’à 5 compressions abdominales, en vérifiant bien entre chaque compression si la personne reprend sa respiration. Si la personne ne se remet pas à respirer, enchaînez les claques et les compressions abdominales par séries de 5 jusqu’à ce que l’objet ressorte.

Dans la très grande majorité des cas, les claques dans le dos suffisent. C’est le geste le plus important, car il est très efficace et beaucoup moins traumatisant pour le corps que la méthode de Heimlich. C’est pour ça qu’on commence par les claques !

Après de telles manœuvres, il faut asseoir la personne et contacter les services d’urgences, même si l’objet est ressorti ! Il pourrait avoir fait des dommages à l’intérieur du corps et la personne doit être examinée par un médecin.

 

Si je suis seul, que faut-il faire ?

Si vous êtes seul et que vous vous étouffez totalement, il y a urgence. Impossible de vous faire des claques dans le dos, ni de vous faire des compressions abdominales efficaces. A ce jour, il n’existe pas de technique de secours reconnue pour se sortir seul d’un étouffement grave. Rien ne prouve l’efficacité de techniques “improvisées”, comme par exemple se jeter contre un mur pour simuler les claques dans le dos.

La meilleure chose à faire serait d’aller chercher de l’aide auprès de personnes proches de vous (voisins, collègues, passants…) en vous déplaçant ou en faisant du bruit (musique…). Ainsi, ils pourront vous aider en réalisant les gestes de secours ou ils pourront appeler les secours si vous perdez connaissance. La priorité dans cette situation est de s’assurer que les secours soient prévenus.

 

Que faut-il faire en cas d’étouffement chez l’enfant ?

Lorsqu’un enfant ou un bébé s’étouffe cela peut être d’autant plus impressionnant. Quel que soit l’âge de la victime, l’ordre des gestes et le principe d’action sont les mêmes. Seuls les gestes d’urgence varient en fonction de l’âge de la victime. De la naissance jusqu’à la marche, on parle du bébé. De la marche à la puberté, il s’agit de l’enfant. A partir de l’adolescence, vous effectuerez les mêmes gestes que pour un adulte ! Dans tous les cas, le sauveteur adaptera ses gestes en fonction de sa force et de la corpulence de la victime.

Pour l’enfant, rien de plus simple ! S’il tousse ou qu’il pleure, il faut l’encourager à tousser, comme pour un adulte.

S’il ne tousse pas, il suffit de se mettre à sa hauteur pour réaliser les claques dans le dos, puis les compressions de Heimlich si nécessaire. Vous pouvez vous mettre à genoux ou assis sur une chaise en fonction de la taille de l’enfant. Il est inutile de secouer un enfant par les pieds pour faire sortir l’objet : cela est dangereux (risques de blessures au niveau du cou) et inefficace.

 

Que faut-il faire en cas d’étouffement chez le bébé ?

Lorsque c’est un bébé qui s’étouffe, c’est plus compliqué : il ne tient pas debout et le sauveteur ne peut pas faire les gestes de la même manière que pour l’adulte ou l’enfant. Il est fortement recommandé d’apprendre les gestes de secours pour un bébé lors de formations spécifiques.

Assis sur une chaise, le sauveteur pose le bébé sur ses genoux, à plat ventre, afin de faire les claques dans le dos. Elles se font au même endroit que pour l’enfant et l’adulte, avec une force adaptée au gabarit du bébé. Faites attention à bien mettre votre main de travers par rapport au corps du bébé, afin de ne pas taper la tête. Si les claques sont inefficaces (le bébé ne tousse toujours pas ou ne pleure pas), il faut changer de technique.

Sur le bébé, il n’est pas possible de faire des compressions de Heimlich ; ses organes sont trop fragiles et les compressions abdominales risqueraient de le blesser. Le sauveteur doit donc retourner l’enfant pour le mettre sur le dos et faire des compressions au niveau de la poitrine, au même endroit que pour le massage cardiaque. Comme chez l’adulte, il effectue jusqu’à 5 compressions.

Lorsque le bébé reprend une respiration ou qu’il pleure, laissez-le en position assise (type siège) dans les bras du sauveteur ou des parents. Cela facilitera sa respiration en attendant l’arrivée des secours.

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